Pour Sloterdijk, l’humanité vit depuis ses commencements, biologiques et historiques, en constituant des sphères qui la protègent de l’insécurité de la vie. Parmi ces bulles, la plus protectrice et la plus résistante fut celle de la métaphysique et des grands systèmes religieux, depuis Platon et jusqu’à Leibniz. En rupture avec cette longue histoire, les Lumières et la modernité marquent l’éclatement de la sphère parfaite. Désormais, «l’image morphologique du monde polysphérique que nous habitons n’est plus la sphère, mais l’écume», analyse Peter Sloterdijk, c’est-à-dire de petites bulles d’air, au nombre infini, mobiles, instables, dispersées Dans les mondes d’écume, l’idée de centre et de transparence a disparu, «aucune bulle n’est extensible jusqu’à devenir centrée absolument, regroupant toute chose.» Parvenir à s’orienter impose du coup une grande modestie. «La pensée dans l’écume, c’est la navigation sur des courants instables.» — Qui êtes-vous, monsieur Sloterdijk ? | La-Croix.com
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